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Revue de presse


The New York Times, June 21, 2010
 


Maybe location really is everything. When Mannes College the New School for Music presents its annual summer festival concerts in its auditoriulm on the Upper West Side, they seem low key and academic, no matter how vividly played and well attended they are. But following in the footsteps of the Keys to the Future festival, which was held at the similarly quaint Greenwich House Music School until this year, Mannes has moved a few of the concerts in its Institute and Festival for Contemporary Performance to Le Poisson Rouge (...) The Sunday evening program, the fourth of the festival's seven, was billed as a concert by TimeTable Percussion, a trio consistsing of Matthew Gold, Alex Lipowski and Matt Ward. But three of the six works were solo piano pieces, performed by Yejin Gil. Ms Gil opened the program with a sharply etched reading of Pascal Dusapin's Etude for Piano n°2 ("Igra", 1999), in which a mechanistic chordal figure evolves slowly into an easygoing, slow trill with an almost Minimalist spirit. Lire la suite

 9ème Concours International de Piano - 2010


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8ème Concours International de Piano d'Orléans - 2008


Rosenfinger.com , novembre 2008

The beautiful chamber concert hall of the Teatro La Fenice in Venice hosted Monday October 20th 2008 a concert of a young French pianist, Florence Cioccolani, winner of the 8th International Competition of Orléans in 2008.
In the intense programme without break she proposed firstly Schumann’s Davidsbündler, which allowed her to show her musical completeness; she is specialist of the modern repertoire, having got the prize of a Competition with exclusive 20th century and modern programmes, but she reveals interpretative originality in romantic and classical works too (like first time of Beethoven’s Moonlight, played as bis). Schumann’s compositional modernity assures a perfect link to the 20th century pieces, Florence Cioccolani’s dynamic construction and formal sense are wonderful in the Preludes of Debussy, La Cathédrale engloutie and Feux d’artifice, and her mastery in managing the complex aleatory sequences of the Etudes d’après Pirsanèse by Boucourechliev is astonishing, as well as her taste in recreating an everchanging musical structure. Beautiful surprise these works by a French-Bulgarian composer whose piano writing is very effective.
For this really deserving artist and this not easy programme public’s interest and appreciation were very great

A.v.B.


Le Républicain Lorrain, 21 novembre 2008

Le récital de Florence Cioccolani, lauréate du Concours international de piano d'Orléans 2008, a révélé, au premier rendez-vous de la saison du Festival Jeunes Talents à L'Arsenal de Metz, une artiste au jeu techniquement irréprochable, au toucher tout en légèreté mais aussi en force,(…). Elle a démontré ses qualités d'abord dans les Davidsbündlertänze de l'opus 6 de Robert Schumann. Evitant les nébulosités faussement romantiques que l'on a tendance à cultiver, elle canalise pudiquement chacune des dix-huit danses avec l'assurance d'un doigté limpide et furtif. Elle en fait des miniatures scrupuleusement ciselées dans un tempo bien mesuré, tout en tempérant les velléités conquérantes d'un Wild und Lustig au final. Plus charnues et colorées furent ensuite les Danses de Marosszek de Kodaly que l'on joue plus volontiers dans leur version orchestrée et dans lesquelles la pianiste dégage les influences folkloriques en typant davantage les couplets vifs et la pastorale centrale.
Son approche plus en délicatesse de Debussy justifiait l'articulation tout en contrastes de son programme. Florence Cioccolani avait choisi cinq parmi les vingt-quatre Préludes qu'elle puisa dans les Livres I et II, où l'on retrouvait toute la liquidité des phrasés de l'interprète dosant au milligramme sonore près, les Voiles, caressantes, et les Brouillards, feutrés, avant Ce qu'a vu le Vent d'Ouest, au souffle arachnéen. (…), mais ces mains effleurant le clavier s'y enfonçaient cette fois sans lourdeur dans La Cathédrale engloutie, comme dans Feux d'artifice desquels l'artiste sut dégager l'intemporelle poésie. On l'attendait dans les redoutables Six Etudes d'après Piranèse d'André Boucourechliev où l'auditeur est invité à se perdre dans les labyrinthes sonores que lui inspira le graveur romain. C'est une autre face interprétative que Florence démontrait au travers de cette pièce redoutable aux extravagants arpèges, aux balayages de clavier, aux lames de fond et aux trajectoires de feu. Du piano orchestral manifestement ! Metz avait eu l'honneur d'assurer la création mondiale de ces Six Etudes aux Rencontres Internationales de musique contemporaine de novembre 1975, sous les doigts du pianiste allemand Herbert Henck, un émule des frères Kontarski. Notre jeune pianiste française relevait donc le gant en servant brillamment cette ouvre ainsi jouée pour la seconde fois à Metz après l'avoir été à maintes reprises à travers le monde.

Georges MASSON


Le Monde de la Musique, mai 2008

 

Lors de la finale du Concours international de piano d'Orléans, (...) la Française Florence Cioccolani (...), s'affirmant musicalement et techniquement, (...) établit un véritable dialogue chambriste avec les musiciens qui prennent part à l'épreuve finale de musique de chambre. Notamment dans la création de Burning, d'Edith Canat de Chizy, pour violon (Sasha Rozhdestvensky), clarinette (Florent Héau), violoncelle (Marc Coppey) et piano, formation ainsi choisie en hommage à Messiaen. Avec Florence Cioccolani, la partition prend tout son sens: incisive, énergique, éruptive.Elle remporte naturellement le premier prix".

    

Jérémie Spirzglas

 

 

Le Monde, 10 avril 2008

 

A l'instar de Wilhem Latchoumia, jeune Français que les organisateurs de concerts convoitent aujourd'hui pour les projets les plus audacieux, Winston Choi s'est révélé en remportant (en 2002) le Concours international de piano d'Orléans.
Ce Canadien aux allures de premier communiant possède des moyens hors du commun qui lui permettent de faire passer pour un jeu d'enfant n'importe quel défi technique. Et les œuvres inscrites au programme de son récital, lundi 7 avril, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, n'en manquent pas.
 
Conçu selon le principe de "La poursuite", imaginé par l'Ircam pour mettre en perspective un choix de partitions, le concert de Winston Choi enchaîne les prestations virtuoses sans jamais se départir d'une dimension ludique.
Le Prélude n°21, Car l'onde s'est tue, de Jacques Lenot, montre d'emblée que les articulations rythmiques les plus sauvages finissent par ronronner sous les doigts experts de l'interprète. Le piano fait encore le dos rond au cours de l'Etude I du même Jacques Lenot, compositeur extrême dont le prodige canadien a déjà réalisé deux volets d'une intégrale discographique pour le label Intrada.
Mais l'instrument acoustique ne suffit pas à circonscrire le territoire de Winston Choi. Dans la très belle œuvre Contrasti, de Marco Stroppa, une bande magnétique diffuse des sons jubilatoires de fête foraine : les rafales de la machine informatique coïncident avec celles du tireur d'élite posté au piano.
Plus ouvertement facétieuses, les Metronome Etudes de Daniel Weymouth valent au soliste de slalomer comme un personnage de dessin animé entre les tic-tac du tempo.
Références incontournables de la virtuosité moderne, deux Etudes de György Ligeti indiquent que l'art de Winston Choi consiste à assouplir la réalité des touches sans ramollir le propos de la musique. Comment ? Ses poignets semblent montés sur coussins d'air, si l'on en croit la qualité de rebond affectée aux Trois mouvements de Petrouchka, d'Igor Stravinsky.

 

Œuvres de Lenot, Stroppa, Ligeti, Weymouth et Stravinsky, par Winston Choi (piano). Paris, le 7 avril.

   

Pierre Gervasoni
 

 

Wilhem Latchoumia, Piano and electronic sounds

"Choc" du Monde de la Musique -

 

Le Monde de la Musique, avril 2008

 

Le Concours International de Piano d'Orléans, dévolu aux XXème et XXIème siècles, est unique et indispensable, incite des pianistes à jouer...la musique de leur temps (c'est si rare) et révèle de fortes personnalités. Parmi les récents lauréats, citons Winston Choï (deux CD consacrés à Jacques Lenot et couronnés chacun d'un "Choc" du Monde de la Musique) et Francesco Tristano Schlimé. Voici, vainqueur en 2006, Wilhem Latchoumia, élève, au Conservatoire national de Lyon, de Géry Moutier.

 

Déjà demandé par les grands festivals, Latchoumia, qui n'interprète pas seulement des musiques d'aujourd'hui, parcourt ici des univers variés où toutes les oeuvres, sauf celles de Cage, sont pour piano et bande. On redécouvre Jonathan Harvey (sage poursuite de l'héritage de Messiaen), John Cage (questionnement pragmatique de la notion d'oeuvre), Luigi Nono (rituelle et mélancolique étude sur l'espace sonore), Luc Ferrari (fascinantes machines compositionnelles qui déraillent imperceptiblement). Pour couronner le tout, la pièce de Pierre Jodlowski - commandée par le concours d'Orléans - fascine par son matériau musical minimal au déploiement sonore maximal.

 

Virtuose, doté d'un toucher souple et de sonorités énergiques, Wilhem Latchoumia est un musicien réfléchi et engagé, le type même d'un pianiste novateur et enthousiasmant.

 

Frank Langlois

       

>> Disponible chez Abeille Musique - réf.SISYPHE 013

         

   

La Lettre du Musicien, 2è quinzaine de mars 2008

 

Florence Cioccolani, 26 ans (...), a remporté le premier prix Blanche Selva, au terme d'une semaine d'épreuves composées exclusivement de pièces du répertoire pour piano d'après 1900. Car ce qui distingue le Concours d'Orléans, porté depuis 1994 par la remarquable pianiste Françoise Thinat, c'est son attachement à la musique d'aujourd'hui; preuve encore, lors de la finale du 4 mars, la commande passée expressément pour l'occasion à la compositrice Edith Canat de Chizy. Son quatuor Burning fut ainsi joué par les trois finalistes, accompagnés des vaillants Florent Héau, clarinette, Marc Coppey, violoncelle, Sasha Rozhdestvensky, violon, qui sans faillir épousèrent avec sensibilité l'élan musical que leur proposait chaque candidat. (...) La Française Florence Cioccolani accentuera, elle, de façon bienvenue, la vivacité, le tranchant et la clarté jubilante de l'oeuvre.

 

"Un toucher d'une infinie délicatesse"

 

Le Trio de Ravel, qui constituait la seconde épreuve imposée de cette finale, allait en grande partie corroborer ces premières impressions. malgré une prestation très assurée du pianiste hollandais, Florence Cioccolani sut remporter avec une insolente facilité les suffrages d'un Carré Saint-Vincent comble et attentif. Dotée d'un toucher d'une infinie délicatesse, la jeune pianiste française sut entraîner ses brillants partenaires et sertir du plus pudique des écrins les sortilèges du trio ravélien. Poussant la partition vers un romantisme clair et nerveux, elle réussit à faire surgir l'émotion et proposa un magnifique moment de musique de chambre. La décision du jury paraît réellement incontestable, et l'on attend désormais de réentendre Florence Cioccolani qui s'annonce comme une interprète des plus sensibles de la musique française.

 

Aude Belloy

  

   

Concertclassic.com, 4 mars 2008

 

Poésie et sens du dialogue : telles sont les qualités premières qui se dégagent de la prestation de Florence Cioccolani(1) lors de la finale du 8ème Concours d’Orléans, suivie par un public très nombreux comme toujours.

 

(...) Dans Burning, le quatuor pour clarinette, violon, violoncelle et piano composé spécialement pour Orléans par Edith Canat de Chizy, elle s’intègre avec intelligence et musicalité. Et tel est bien le défi principal d’une composition dont la partie piano ne présente pas en tant que telle d’enjeu particulier. Avec ses partenaires Florent Héau, Sasha Rozhdestvensky et Marc Coppey, Florence Cioccolani souligne le foisonnement d’une réalisation où la finesse et la luminosité de son toucher font merveille.
 
Le bonheur du dialogue (...) devient palpable, là aussi bien que dans l’autre partition imposée : Le Trio de Maurice Ravel. Une belle complicité poétique s’y établit entre les deux archets et une pianiste dont le chatoiement du timbre et la précision rythmique concourent à un résultat stylistiquement très convaincant. On a encore en mémoire le commencement de la Passacaille ; la manière dont le violoncelle de Marc Coppey est venu rejoindre le chant du piano – un moment d’une grande intensité.

 

Alain Cochard
 
(1) Née en 1981, Florence Cioccolani a été entre autres formée par Michel Béroff et Alain Meunier au CNSMD de Paris, puis a effectué son Cycle de perfectionnement au CNSMD de Lyon
 

 

Le Monde, 23 août 2007

 

À La Roque d'Anthéron, le piano aux extrêmes

 

(...) Wilhem Latchoumia, une référence dans [le] répertoire [contemporain], (...) ouvrait son récital, lundi 20, à l'Abbaye de Silvacane, par une pièce de George Crumb.

Eine kleine Mitternachtmusik donne autant à voir qu'à entendre car l'interprète doit se lever pour caresser les cordes du piano ou frapper le cadre à coups de mailloche. Latchoumia sait bien intégrer ces situations inhabituelles à un jeu traditionnel qui relie Debussy et le jazz de Thelonious Monk. Sa capacité à se glisser entre les différents espaces d'une musique se double de l'aptitude à lire entre les lignes d'une partition. Il livre, ainsi, la fantaisie nocturne de Crumb avec une évidence qui sera aussi l'apanage du legs testamentaire de Liszt (Nuages gris, Funérailles) et des envolées festives de Villa-Lobos (Ciclo Brasileiro).

  

Pierre Gervasoni

     

 

Le Parisien, 19 août 2007

 

C'est le pianiste à suivre

Lorsque Wilhem Latchoumia monte sur scène, on se demande si ce n'est pas Tony Parker qui a pris le concert pour un match de basket... Les pianistes noirs sont légion en jazz, mais rarissimes en classique.

Né à Lyon, il y a 33 ans, de parents martiniquais qui ne connaissaient rien à la musique, cet artiste dégage une aisance telle qu'on sent aussitôt qu'il était né pour jouer du piano. Premier prix de l'excellent Concours international d'Orléans en 2006, il interprétait hier après-midi, au 38è Festival de l'Orangerie de Sceaux (92), un beau programme qui allait de Soler à Boucourechliev en passant par Beethoven, Liszt et Villa-Lobos.

 

L'énergie de son jeu

Son amour pour le classique est né aux Mureaux (Yvelines) grâce à une prof de piano qui lui a montré la voie. Et la bonne, car son Beethoven swingue tout en étant parfaitement construit. Dans Liszt, il chante de manière muette, comme si un opéra entier vivait à l'intérieur de lui. Puis arrive Wagner, et le fameux Chant d'amour de Tristan et Isolde n'a rien de platonique ou d'éthéré sous ses doigts passionnés. Le sommet est atteint avec Archipel IV d'André Boucourechliev. Une œuvre contemporaine réputée difficile, mais que le pianiste nous fait dévorer comme un roman policier. Lui-même a l'air d'un lion qui mord dans la musique à pleines dents. Il donne à son jeu une énergie très physique, qui se transmet au public aussi sûrement qu'une décharge d'adrénaline. Wilhem Latchoumia a prouvé hier, à Sceaux, qu'il était prêt pour affronter les grandes salles parisiennes. Et ne faire qu'une bouchée des récalcitrants.

 

Olivier Bellamy

    

 

Le Monde, 17 août 2007

  

Son nom - Latchoumia - lui vient de parents martiniquais et son prénom - Wilhem - d'un coup de coeur, un rien exotique de sa mère ...

Dans l'appartement lyonnais du jeune pianiste (né en 1974), un imposant graphique orne un mur (une partition d'Archipel IV d'André Boucourechliev) et une multitude de pianos jouets entourent un piano grandeur nature. Wilhem Latchoumia sourit malicieusement: "Je n'ai qu'à décrocher la page de Boucourechliev quand je dois la jouer... Mais ce n'est pas sur un toy piano que j'ai commencé la musique!"

Presque: sur un orgue électrique de supermarché, dont il a tâté à huit ans. De lui-même, car ses parents n'étaient pas musiciens. Le véritable apprentissage commence quand il entre au collège, aux Mureaux (Yvelines). La ville vient de se doter d'une grande médiathèque, où l'adolescent écoute la quasi-totalité des disques, tandis que la pianiste Rose-Marie Cabestany, qui le prend comme élève à l'École municipale de musique, est très versée dans la musique contemporaine (elle a longtemps joué avec l'ensemble catalan Diabolus in Musica).

Le jeune homme commence ainsi un cheminement inhabituel, "en partant du XXè siècle pour remonter le temps", où tout va se compliquer pendant les années de lycée. Il habite toujours aux Mureaux mais prépare un bac scientifique à Paris et fait ses classes de piano au Conservatoire national de région (CNR) de... Lyon. A 18 ans, il entre au Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) de la même ville.

En complément de formation, il consulte le pianiste et musicologue Claude Helffer, grand maître de la modernité, avec l'idée de passer des concours. Et opte, "par curiosité", pour le Concours international de musique contemporaine pour piano Xavier-Montsalvage, en Espagne, où il obtient, en 2004, le deuxième prix. Deux ans plus tard, il sort vainqueur du concours international de piano d'Orléans, où il rafle cinq prix.

Wilhem Latchoumia voit dans ce succès la reconnaissance du travail personnel, mais aussi  "de la musique contemporaine elle-même, dans laquelle beaucoup pensent qu'on peut faire n'importe quoi".

 

Pièces pour pianos jouets

Les engagements se multiplient, des États-Unis à la Chine. Dans la dotation du concours d'Orléans figure l'enregistrement d'un disque. Wilhem Latchoumia envisage un programme pour piano et électronique, articulé autour de deux pièces de Pierre Jodlowski (Série noire, imposée au concours d'Orléans, et Série blanche, écrite spontanément par la suite pour le lauréat). Le disque (à paraître à l'automne 2007) comportera aussi une œuvre insolite de John Cage pour toy piano ("piano jouet"), sur laquelle Wilhem Latchoumia est "tombé par hasard" alors qu'il passait en revue le catalogue du compositeur américain.

 

Depuis, il s'est documenté, s'est équipé et donne fréquemmement des concerts sur cet instrument miniature. Un de ses camarades d'études au CSNM, Karl Naegelen, lui a même écrit une pièce pour deux toy pianos et danseuses.

 

Les programmateurs sont de plus en plus nombreux à penser à Wilhem Latchoumia. A l'Orangerie de Sceaux, le 18 août, il interprètera un programme principalement conçu en hommage au compositeur André Boucourechliev, mort en 1977, avec l'un de ses célèbres Archipels et deux de ses compositeurs de référence, Beethoven et Liszt.

 

Deux jours plus tard, il sera au Festival de La Roque d'Anthéron (le 20, à l'abbaye de Silvacane), pour un aperçu de ses goûts personnels: Liszt (de la période dépouillée, Funérailles, Nuages gris), George Crumb (avec clin d'oeil au jazzman Thelonious Monk) et Heitor Villa-Lobos.

 

Rien d'"injouable" à la Roque d'Anthéron, mais, en mars 2008, à l'Opéra Comique, Latchoumia restituera le fameux duel pianistique qui opposa Liszt à Thalberg. "C'est toujours la curiosité qui me guide", explique celui qui n'hésite pas à s'engager sur de multiples pistes pour voir où elles conduisent, qui commande sans cesse des partitions et les déchiffre.

Quitte à tomber sur des défis qu'il lui plaît de relever. Il a pâli quand, à l'approche du concours d'Orléans, il a reçu la partition de Série noire  avec l'enregistrement d'une simulation informatique de la pièce. "La vitesse, la synchronisation avec la bande, la virtuosité inédite... Je me suis demandé comment j'allais faire! Et puis, voilà, quoi!" Le concours empoché, Latchoumia est parti vers d'autres découvertes.

 

Ainsi, à la mention des Préludes pour piano de Pascal Dusapin, il réagit: "Préludes, pas Études? Dusapin a écrit des Préludes...?"  Wilhem Latchoumia dresse l'oreille et relève les sourcils: la curiosité est à l'œuvre.

 

Pierre Gervasoni

      

 

Séries: Magic Connexions / 9 mars - 12 avril 2007

     

Resmusica, 10 mars 2007

 

(...) Wilhem Latchoumia, prix Blanche-Selva (la plus haute distinction de ce concours) oppose deux compositeurs à un siècle d’intervalle. El amor y la muerte de Granados nous permet d’apprécier pleinement une technique sans failles. Bien que prise dans un tempo très allant, l’interprétation est lyrique par sa mise en évidence des différents thèmes mélodiques qui inondent cette partition. (...) Série noire (commande du Concours) interpelle (...) l’auditeur. Le pianiste doit être littéralement acteur de ces quelques minutes d’angoisse et doit investir quasi-théâtralement les pistes sonores données par l’enregistrement électro-acoustique diffusé en même temps. Pari tenu et relevé par Wilhem Latchoumia, lauréat également du Prix Sacem (meilleure interprétation de l’œuvre contemporaine imposée). Le concours prévoir pour son meilleur candidat l’édition d’un CD. Nous l’attendons cette année avec impatience.
 
Maxime Kaprielian

      

 

Le Monde, 13 avril 2007

 

Le Concours international de piano d'Orléans révèle des talents.

Wilhem Latchoumia a été le premier Français à en être vainqueur.

 

Les concours de piano sont légion et ceux qui y font campagne ont tendance à devenir des mercenaires à la solde de Chopin ou de Liszt, les deux antiques puissances du monde du clavier. Un tel risque de banalisation du répertoire ne saurait guetter les interprètes engagés au Concours international de piano d'Orléans (O.C.I.).(...)

  

Un semblable destin.

Ainsi Toros Can, le jeune Turc qui a remporté le concours 1998, apparaît-il sans conteste (Le Monde du 2 décembre 2000) comme la référence discographique (publiée par l'Empreinte digitale) des Études, de György Ligeti. Un même statut peut être accordé à l'Américain Winston Choi, pour un ensemble de pièces de George Crumb (aussi produit par l'Empreinte digitale, en partenariat avec l'O.C.I.) et à l'Espagnol Francesco Trsitano Schlimé, pour l'œuvre pianistique de Luciano Berio (sous label Sisyphe, le Monde du 18 mai 2006), lauréats respectifs des éditions 2000 et 2004.

  

Nul doute qu'un semblable destin attende Wilhem Latchoumia, le grand gagnant d'un cru 2006 corsé par l'adjonction de l'électronique (pour le morceau imposé, Série noire, de Pierre Jodlowski). La bourse ainsi obtenue par ce Lyonnais âgé de 34 ans servira-t-elle à enregistrer une première monographie de Pierre Jodlowski? On le souhaite, après avoir assisté le 9 mars, à la Salle Cortot, à Paris, à la prestation du premier Français couronné à Orléans depuis l'origine du concours.

  

L'aisance féline de Latchoumia, subtil alliage de relâchement ludique et de précision percutante, a valu à Jodlowski (né en 1971) de séduire avec le même naturel que Granados, joué au début du récital. Au tour de la Coréenne Unsuk Chin de bénéficier, jeudi 12 avril, à Orléans, des atouts de Wilhem Latchoumia pour la création française de son concerto pour piano primé en 1998 par l'O.C.I. Lors de cette soirée, l'Orchestre National de Lille sera sous la direction de Jean Deroyer.

     

Pierre Gervasoni

 

 

Concertclassic, 13 avril 2007

 

En peu de temps le Concours de Piano XXe siècle d’Orléans a su se tailler une belle place dans la liste des compétitions internationales. Ce résultat doit beaucoup à la volonté de Françoise Thinat, fondatrice du Concours, et à la clairvoyance de jurys qui se sont attachés à couronner de véritables personnalités (Toros Can, Winston Choi, Francesco Tristano Schlimé, Wilhem Latchoumia) plutôt que de consensuelles

« bêtes de concours ». L’attention que les mélomanes portent désormais aux découvertes du Concours d’Orléans tient aussi à la fidélité et au « suivi » dont celui-ci fait bénéficier les artistes. Biennal, il profite ainsi des années «creuses» pour leur organiser divers concerts. Quelques semaines après une soirée partagée entre plusieurs interprètes à la salle Cortot en mars, Orléans accueillait un concert accompagné par l’Orchestre National de Lille sous la baguette de Jean Deroyer. (...)


Premier Prix 2006, le pianiste lyonnais, a le privilège d’interpréter la création française du Concerto pour piano de la Coréenne Unsuk Chin. Une partition touffue, surabondante mais que l’artiste défend avec engagement, gourmandise et une palette de timbres très large.
« Cette composition reflète les influences de chaque époque de la littérature pianistique de Scarlatti à aujourd’hui, explique l’auteur. Je voulais mettre en évidence les multiples aspects du piano, tout particulièrement la vitalité, l’énergie, la virtuosité, en un mot son caractère enjoué. »


Message reçu 5 sur 5 par un pianiste qui signe une interprétation vivante et ludique aux côtés d’un orchestre complice, mené avec sobriété et précision par Jean Deroyer. Après ce foisonnement de couleurs venue d’Asie, le pianiste lance deux clins d’œil à l’Amérique latine au moment des bis avec O Polichinelo de la 1ère Suite du A Prole do Bebê de Villa-Lobos – une musique qui lui va comme un gant ! – et le tendre et sensuel Bailecito de Guastavino. On ne résiste pas au souffle du charismatique Latchoumia. A sa poésie non plus !

 

Alain Cochard 
  

  

Altamusica, 13 avril 2007

 

Retenez bien le nom du lauréat 2006 du concours international de piano d’Orléans : Wilhem Latchoumia. Après son récital salle Cortot en mars dernier, ce jeune pianiste français étonne une nouvelle fois par la félinité de son jeu, tout de force et de grâce mêlées, dans un beau concerto de la compositrice coréenne Unsuk Chin.


Le Concours International de Piano d’Orléans a déjà révélé les noms de Hideki Nagano, Winston Choi, Toros Can et surtout de Francesco Tristano Schlimé, fracassante apparition de 2004 dont la notoriété vogue bien au-delà de la seule sphère classique. Il conviendra désormais d’ajouter à cette glorieuse liste le nom de Wilhem Latchoumia, vainqueur 2006 dont l’avenir s’annonce, dans un large répertoire, tout aussi prometteur.


Après un récital à la salle Cortot en mars dernier vient le temps pour les premiers prix d’un concert avec orchestre, en l’occurrence celui de Lille sous la direction de Jean Deroyer. (...)

 

Le contraste est saisissant dès l'apparition de Wilhem Latchoumia. Ce pianiste français de 32 ans occupe l’espace de la scène. Et c'est son jeu urgent, bondissant – il ondule des épaules comme un chat ou un boxeur qui esquiverait brillamment les chausse-trappes que la compositrice Unsuk Chin a glissées dans sa partition – qui enflamme le public. Car Latchoumia est un pianiste extrêmement virtuose : il se joue d'un concerto qui dénote certes l'influence de Ligeti, celui des années 1970, des montres et des nuages, mais qui met en lumière « la vitalité, l'énergie, le caractère enjoué » du piano.


Ce concerto de 1997 se révèle au final bruissant, trouvant rapidement son indépendance et sa magie – Unsuk Chin va créer un Alice aux pays des merveilles à la Bayerische Oper de Munich en juin – dans une écriture raffinée et ludique. L'Orchestre national de Lille y retrouve cohésion et panache : le propre des grands artistes n'est-il pas de transcender ses partenaires ? Dans deux bis, un merveilleux Polichinelle de Villa-Lobos et une pièce de l'argentin Guastavino d'une grâce enveloppante, on retrouve le jeu puissant, rond, lumineux et fragile d’un pianiste à suivre.
Wilhem Latchoumia sortira bientôt un disque consacré à des œuvres contemporaines pour piano et électronique, on l’attend avec impatience…
 
Laurent Vilarem

  

 

7ème Concours International de Piano d'Orléans - 2006. 

  

Diapason, février 2006.

   

Détecteur de talents.

 

 

Toros Can, Winston Choi, Francesco Tristano Schlimé... Trois des plus singuliers pianistes de la jeune génération découverts en l'espace de six éditions, qui dit mieux?

 

Fondé en 1994 par Françoise Thinat, elle-même musicienne, le Concours international de piano XXe siècle d'Orléans a le nez creux! Imagination, curiosité et tolérance sont des maîtres mots d'une manifestation qui, plus que concours de piano, se veut d'abord concours de musique et, surtout, détecteur de vraies personnalités (et pas seulement de "spécialistes" de musique contemporaine - Toros Can vient de le démontrer dans un CD Purcell!). La démarche a de quoi séduire quand tant d'autres compétitions cultivent une tiède prudence dans leurs choix... Original par son répertoire aussi, le Concours d'Orléans se concentre sur la période qui va de 1900 à nos jours et offre l'occasion d'entendre des pages du XXe siècle souvent bien oubliées: le Quatuor avec piano d'Hindemith fait ainsi partie des oeuvres imposées de la prochaine édition. Mais la création y trouve aussi sa place, cette fois avec une commande au jeune Pierre Jodlowski: Série noire, un "Thriller" musical pour piano et dispositif électroacoustique! Bref, à Orléans, le XXIe siècle a bel et bien commencé.

 

Alain Cochard

      

   

L'Humanité, 11 février 2006

 

       

  

Pianiste, mai 2006

 

  

  

 

AFP, 8 février 2006.

 

Le Concours d'Orléans consacre un Français parmi des pianistes singuliers (COMPTE RENDU)

 

Le Concours international de piano d'Orléans, dont la 7e édition s'est achevée dans la nuit de mardi à mercredi, a consacré le triomphe du Français Wilhem Latchoumia et s'est imposé une fois encore comme un révélateur d'artistes exigeants, au service de la musique de notre temps.

  

A 31 ans, le pianiste lyonnais est devenu le premier Français à se placer en tête de cette compétition biennale dédiée au répertoire du XXe siècle et à la création contemporaine, qui est l'un des concours instrumentaux les plus généreusement dotés au monde, avec près de 65 000 euros distribués.

 

Wilhem Latchoumia, ancien élève du Conservatoire Supérieur de Musique 'C.N.S.M.) de Lyon, qui avait déjà été distingué dans un concours de piano contemporain (à Gérone en Espagne, en 2004) a reçu cinq prix à Orléans, d'un montant total de 24 100 euros.

  

Les trois autres finalistes - les Grecs Ermis Theodorakis et Prodromos Symeonidis et le Russe Andrei Soudelski - ne sont pas repartis bredouilles, cumulant respectivement 7 100, 6 500 et 2 500 euros de prix.

  

Lors de la finale, Wilhem Latchoumia s'est distingué par un jeu fluide et la richesse de sa sonorité dans le redoutable Quatuor pour piano, violon,violoncelle et clarinette de l'Allemand Paul Hindemith (1895-1963), où il s'est révélé être un chambriste beaucoup plus attentif à ses partenaires que ses concurrents.

  

Le lauréat a ensuite développé son approche tellurique, pleine de reliefs, de Série noire (Thriller) du Français Pierre Jodlowski (né en 1971), une pièce donnée en création mondiale, dans laquelle il a livré un vrai combat avec un dispositif électroacoustique évoquant par les sons l'univers du polar.

  

"Ce concours, c'est une reconnaissance qui permet d'ouvrir des portes dans un créneau qui n'est pas évident et de mettre en valeur ce répertoire qui nous côtoie finalement tous les jours: les compositeurs sont vivants, ils sont autour de nous, ça c'est intéressant", a confié à l'AFP Wilhem Latchoumia.

  

Outre ses prix, le lauréat bénéficiera d'une bourse de 8 000 euros qui devrait lui permettre d'enregistrer un CD dans des conditions professionnelles.

  

"Il faut que cette aventure trouve une suite, notamment commerciale. On cherche à travailler avec des maisons de disques qui s'intéressent  au lauréat davantage qu'au concours: j'y tiens parce que je crois que c'est la possibilité pour eux d'un départ dans la vie professionnelle", explique la fondatrice et présidente de la compétition, la pianiste Françoise Thinat.

  

Le parcours des derniers lauréats du Prix Blanche Selva - principale distinction à Orléans - témoigne de l'importance croissante de ce concours qui révèle et propulse des talents singuliers sur le devant de la scène, et dont les choix sont désormais suivis d'effets très perceptibles.

  

Vainqueur en 1998, le Turc Toros Can suit désormais une trajectoire enviable, avec notamment des enregistrements des Études de Ligeti et de Makrokosmos de Crumb très remarqués. Le Canadien Winston Choi, lauréat en 2002, s'est lui distingué dans une gravure des oeuvres d'Eliott Carter. Quant au Luxembourgeois Francesco Tristano Schlimé, il brûle les planches depuis son succès en 2004, et demeure l'emblème d'un concours qui s'est fait une spécialité dans la détection de fortes personnalités artistiques, promises à un bel avenir.

 

Benoît Fauchet

 

 

 

 

 

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