Otaki Takuya

Takuya Otaki

Né au Japon, Takuya Otaki a étudié à l’Université de Musique et des Beaux-Arts d’Aichi dans les classes de Yuzo Kakeya et Vadim Sakharov et il a obtenu plusieurs récompenses : Kuwabara Prize, Best Student Prize et la bourse de la Fondation Niwa. Après une formation classique, il a mis au service du répertoire contemporain son talent et sa virtuosité et est entré en 2013, à la Stuttgart Musikhochschule, dans la classe de Thomas Hell où il a suivi un Master de piano spécialisé en musique contemporaine. En 2016, il a été reçu en Master de musique contemporaine à l’Internationale Ensemble Modern Akademie de Francfort et en septembre 2017, il a été admis en DAI contemporain au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

En février 2016, Takuya Otaki a remporté le Premier Prix du 12e Concours international de Piano d’Orléans (Prix Mention Spéciale Blanche Selva, Prix Mention Spéciale Olivier Greif, Prix Mention Spéciale Maurice Ohana). Il a entamé en 2016 une série de concerts en Italie (Milan, Parme), au Japon (Niigata, Nagaoka, Nagoya…) et en France (Metz, Orléans, Reims). Au printemps 2017, il s’est produit à Paris puis dans des festivals à Lille et Mantoue (Italie). Au cours de l’année 2017, il a été le pianiste de l’Internationale Ensemble Modern Akademie de Francfort, lors de ses tournées en Allemagne, Finlande et Hollande.

En juillet 2017, Takuya Otaki a enregistré son premier CD « Belà Bartók et la virtuosité » paru chez Fy Solstice. A partir de novembre 2017, il a entamé une tournée de concerts et de masterclass dans la Région Centre-Val de Loire, s’est produit en Italie, en Bulgarie ainsi qu’à Paris.

En 2018, accompagné par l’Orchestre symphonique d’Orléans, il a interprété le Concerto n°3 de Bartók. Puis, il est retourné au Japon où il a joué, à Niigata, avec orchestre, les Concerto n°1 de Tchaïkovsky et n°2 de Chostakovitch et, en récital, à Tokyo, Nagaoka et Nagoya. Invité en Corée du Sud, il y a donné des récitals ainsi que des masterclass à l’Université nationale de Séoul.

À Paris, ses projets l’ont amené à développer son répertoire en formation de chambre avec des œuvres nouvelles, tant classiques que contemporaines, redonnées ensuite au Japon ainsi qu’en Écosse.

Récompenses

  • PRIX - Mention Spéciale BLANCHE SELVA – 28-02-2016
  • PRIX - Mention Spéciale Olivier GREIF – 28-02-2016
  • PRIX - Mention Spéciale Maurice OHANA – 28-02-2016

Discographie

10-2017 l Takuya Otaki Otaki Takuya

La VIRTUOSITE, rêve de tout pianiste aventureux, le goût du risque, et presque de l’aléatoire, de la mise en scène et de la mise en danger, de l’extrême, le jeune Béla Bartók n’y était pas étranger. Se glisser dans les habits du magicien, jeune, beau, séduisant, qu’était Franz Liszt, lui-même empruntant le lyrisme et la folie d’improvisation des musiciens « tziganes” sans trop de scrupules ethnologiques, « surfer » de glissandos en trémolos, rivaliser avec le violon de Paganini, c’est s’affirmer dans cette société marquée par les succès de musiciens interprètes dont la notoriété commence en cette fin d’époque à être presque plus importante que celle des compositeurs. Et pourtant au gré des oeuvres choisies pour cet album apparaissent ça et là, dans la Rhapsodie par exemple, véritable cheval de bataille pour pianiste inspiré et presque « romantique”, les accents d’un folklore plus authentique. C’est une oeuvre bouleversante, véritable aire d’expériences, de jeux, où se heurtent et cavalcadent sous les doigts rageurs et vibrants, mélodies, imprécations et dissonances déjà prémonitoires. La sincérité sans affectation du compositeur de génie, sa fragilité, son audace trouveront leur emploi, leur  cohérence au cours des années suivantes. Le chemin à suivre est contraire à la recherche d’un épanouissement triomphal, les images et les sons vont s’épurer comme pour Lizst, les Années de Pèlerinage effacent le trop naïf et abondant Album d’un voyageur. Béla Bartók trouvera d’autres raisons impératives d’épurer son style, il va retrouver des rythmes, des modes, des mélodies, des voix oubliées, le drame romantique va laisser la place à une émotion, loin de la grammaire et de l’élégance du langage musical civilisé. D’ores et déjà, les phrases simples et déchirantes des deux Elégies nous touchent au cœur et grâce à la Rhapsodie et au trois Etudes, nous empruntons les escaliers diaboliques qui relient les Etudes transcendantes de Franz Liszt à la sorcellerie visionnaire de György Ligeti. Takuya Otaki, nous y entraîne avec tout son engagement et sa sincérité chaleureuse.

Françoise Thinat

Directrice artistique

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